• Wed, 14 Nov 2018
  • 01:49

Les chefs traditionnels de Kizamba dans le Kwango sollicitent le reversement de leurs salaires à la Soficom Tembo

Pour toucher leur dû, les chefs traditionnels mettent 96 heures, soit quatre jours, pour franchir les 850 km qui séparent la cité de Tembo au chef-lieu de la province.

Les chefs traditionnels du secteur de Kizamba, territoire de Kasongo Lunda, province du Kwango, n’en peuvent plus. Ils sont à Kenge, chef-lieu de la province pour toucher leur salaire du mois de juillet 2018. La succursale de la Trust Mechant Bank (TMB), l’unique institution bancaire installée au Kwango, n’a toujours pas programmé la paie de ces chefs de groupements de Kizamba, Kiambamba, Mawangu, Mangangi, Madimba,Kibenga, Kasanji, Tembo et Ngombia Tumba.

Ayant reçu la promesse de se faire payer dans  48 heures, soit le jeudi 23 août, ils ont décidé, le mercredi 22 août, de présenter leurs civilités à l’autorité provinciale. Question de faire passer certaines de leurs revendications.

En fait, ces autorités coutumières sont venues dire leur exaspération quant à la bancarisation de leur paie. Aussi ont-elles demandé au gouverneur Kanys Makofi d’obtenir de la Banque centrale du Congo le transfert de leurs salaires de la TMB à la Soficom Tembo, proche de leur fief.

Doléances

Pour toucher leur dû, les chefs traditionnels mettent 96 heures, soit quatre jours, pour franchir les 850 km qui séparent la cité de Tembo au chef-lieu de la province. En plus, ils doivent se ronger le frein pendant de longs jours avant d’être payés.

Reçus en audience à l’hôtel du gouvernement,le chef de groupement Kizamba, a, au nom de ses pairs,déclaré : «C’est depuis un mois que nous attendons notre paie du mois juillet. Comme  la TMB promet de nous payer ce jeudi, nous avons décidé de présenter nos civilités à l’autorité provinciale avant de s’engager sur le cheminde retour ».

A cette doléance s’ajoutent le mauvais état des voies de desserte agricole et les ponts construits sur ces axes routiers ; les tracasseries policières allant jusqu’à désacraliser la fonction de chef coutumier.

D’autre part, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) rend la vie difficile dans leur fief. Son aire protégée s’étend au-delà de la réserve de Kiangundu. De cette façon, la population est mise dans l’impossibilité de chasser du gibier ou de pêcher dans les rivières de la région ; ce qui change les habitudes alimentaires dans le recoin. Conséquence : les jeunes gens sont en train de déserter le milieu traditionnel pour se réfugier en Angola.

Le chef de l’exécutif provincial, qui est resté très attentif au discours de ses hôtes, a pris l’engagement d’instruire ses services pour que l’ordre soit rétabli à Kizamba avant la tournée d’inspection qu’il promet d’entreprendre, dans un proche avenir, dans les cinq territoires du Kwango.