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  1. Assemblée nationale : des soupçons de corruption pèsent sur l’élection du bureau définitif  

 

Jeanine Mabunda Lioko a été élue, sans surprise, présidente de l’Assemblée nationale, mercredi 24 avril 2019. Elle était la seule candidate à ce poste, portée par la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila et du Cap pour le changement (Cach) du président Félix Tshisekedi. Mais dans quelles conditions s’est déroulée l’élection du bureau définitif de l’Assemblée nationale ? La question suscite des commentaires après les révélations faites par certains élus du peuple qui ont requis l’anonymat. Des soupçons de corruption pèsent sur l’élection du bureau définitif.

Visiblement mécontents d’une promesse non tenue, ces élus délient leurs langues pour accuser les responsables de la coalition FCC-CACH de les avoir contraints à échanger des voix contre de l’argent. Il s’agit selon eux, d’une promesse faite sous l’emprise de la peur de l’incertitude avec la carte imprévisible du député national Henri-Thomas Lokondo contre la candidate de la coalition FCC-CACH. Ils reconnaissent, à cet effet, que l’invalidation de l’élu de Mbandaka pour laisser la voie libre à l’élue de Bumba, n’a pas été légale et constitutionnelle.

Ainsi, autant que cela a été décrié pour les élections des sénateurs et des gouverneurs, l’Assemblée nationale n’a pas fait exception. La bagatelle somme de quinze mille dollars aurait été promis à chaque élu de la coalition. Mais finalement, ces derniers n’auraient touché chacun que deux milles cinq cent dollars. Et comptabilité faite, c’est un montant approximatif d’1 million de dollars qui a été dépensé pour environ 400 élus qui ont répondu présent à ce rendez-vous électoral (l’Opposition ayant boycotté faute de consensus sur la répartition des postes au bureau).

D’où serait donc provenu cet argent ? Cette interrogation conforte l’inquiétude de ceux qui estiment qu’il y a un groupe de caciques de l’ex-Majorité présidentielle et actuellement positionnés au sein du FCC, qui s’obstinent à considérer le changement de temps. Comme pour dire, avant l’alternance au sommet de l’Etat égale à l’après l’alternance.  Ainsi, la Chambre basse du Parlement voulue pourtant « temple de la démocratie » risque de ne pas se libérer vite, des pratiques pourtant décriées sous la législature passée, à savoir : mots d’ordre, diktats, etc., pour laisser la place à l'expression démocratique par la conscience.

Dans cette logique, c’est le Président de la République Félix Tshisekedi qui connaîtra des bâtons dans les roues. Lui qui devrait surfer sa réputation de combattant anti-corruption, avec sa promesse faite lors de son discours d’investiture de lutter contre ce fléau présent dans toutes les strates de la vie nationale. Félix Tshisekedi risque ainsi, s’il n’y prend garde, de voir les espoirs qu’il avait suscités être douchés.