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  1. Mabi Mulumba appelle le gouvernement à mettre l’accent sur le niveau d’accès à l’électricité (Analyse)

Il est l’un des rares professeurs des universités à être respectés à tous les niveaux tant dans les milieux politique, économique et social. Sa maîtrise de l’économie nationale lui apporte une notoriété incontestable et respects. Ses sorties médiatiques sont d’une extrême rareté mais pourtant l’ancien Premier ministre, Ministre des Finances et Président de la cour de compte apporte son expertise à travers des conférences, des analyses et publications. Rdc26.com vous propose aujourd’hui le deuxième point de sa réflexion publiée dans la revue « Congo Afrique » numéro 538 du mois d’octobre 2019. Le professeur appelle le gouvernement à diversifier l’économie en mettant l’accent sur l’agriculture mais surtout sur le niveau d’accès à l’électricité pour stimuler rapidement l’économie nationale

 

  1. Les défis que la RD Congo devrait relever

Pour s'engager sur la voie d’un développement auto-entretenue, la RD Congo devrait relever les défis ci-après :

  • La gouvernance et l'intériorisation du principe de redevabilité et une lutte effective contre la corruption

La RD Congo est affaiblie par l’institutionnalisation d’une gestion prédatrice de l’économie nationale, notamment dans la gestion des ressources naturelles, spécialement le bradage du patrimoine minier, forestier et pétrolier par les gestionnaires publics. Des sommes importantes provenant de la vente des actifs des entreprises publiques ne sont pas retracées dans les comptes de l’Etat. Cette situation a été portée à la connaissance de l’opinion nationale, suite à la médiatisation du différend opposant le FMI au gouvernement, au sujet des sommes perçues sur les ventes des actifs de la GECAMINES dans une opacité totale.

La crédibilité de la RD Congo a été entamée avec l’arrêt du Programme avec les institutions de Bretton Woods (PEG II). C’est l’occasion de rappeler un bradage ayant fait perdre à la RD Congo 1,36 milliards de dollars, à l’occasion de cinq transactions sur les gisements miniers de la GECAMINES réalisées en moyenne au sixième de leur véritable valeur entre 2010 et 2012[1].

  • La diversification économique par l'industrialisation et le développement de l’agriculture
    • L’industrialisation

Le fonctionnement du secteur industriel, en général, et minier en particulier, qui est le moteur de la croissance économique en RD Congo, est tributaire de l’existence d’une fourniture fiable de l’électricité. La RD Congo est loin de répondre à cette exigence. Les deux centrales hydroélectriques d’Inga 1 et Inga 2 ont une capacité disponible représentant 50% de leur capacité installée de 1773 MW, suite à une maintenance insuffisante depuis leur construction. Le faible niveau d’accès à l’électricité est un important goulot d’étranglement au développement social et économique. La fiabilité de l’alimentation en énergie, pour ceux qui y ont accès, est notoirement faible et sujette à des fréquentes interruptions, avec une moyenne de 10 jours de panne d’électricité par mois.

Ces interruptions pénalisent gravement les entreprises privées qui assument, dans bien des cas, les coûts additionnels de génératrices de secours et également des coûts relatifs à la réparation des équipements endommagés par les surcharges. La mauvaise qualité de l’électricité attribuable à la piètre performance technique de la SNEL, affecte la compétitivité des entreprises locales et a un impact négatif notamment sur l’emploi.

A ce jour, la SNEL n’est pas considérée comme un partenaire solvable pour les investisseurs privés. Elle ne couvre pas ses frais d’exploitation par ses revenus et ses difficultés de recouvrement entraînent des problèmes de paiement considérables, des arriérés de paiement de ses fournisseurs et des taxes. L’amélioration de ces éléments est une étape pour attirer les investisseurs privés.

La situation de la fourniture de l’énergie électrique pourrait s’améliorer, s’il n’y avait pas une piètre gouvernance au niveau de la SNEL et bien entendu, au niveau de son ministère de tutelle, en ce qui concerne l’absorption des financements mis à la disposition de l’entreprise. Ce cas peut être illustré par deux exemples :

  • Un projet relatif au Marché d’Electricité en Afrique Australe (SAPMP) dont un financement de 359,08 millions de dollars, mis en vigueur par la Banque Mondiale en 2004 dont la date de clôture était prévue en décembre 2012, n’a été décaissé 8 ans après qu’au niveau de 36%.
  • Un autre financement de 579,7 millions de dollars pour le Marché d’Electricité à la Consommation Domestique et à l’Export (PMEDE) mis en vigueur en 2008 avec une date de clôture en juin 2016 n’a connu, 4 ans après, qu’un décaissement de 11%.

L’industrialisation par la transformation, entre autres, en produits manufacturés de nos minerais qui sont jusqu’ici exportés sous forme brute avec comme gain l’accroissement de la valeur ajoutée au profit du pays est un objectif fixé au secteur minier dont l’article 105 du Code Minier révisé fait obligation au titulaire d’un permis minier d’exploitation d'effectuer le traitement des substances minérales sur le territoire national. La contrainte majeure relevée pour atteindre cet objectif, c’est notamment le déficit énergétique. Celui-ci s’élève à près de 1000 mégawatts au Katanga ; déficit qu'il faut préalablement évacuer, spécialement dans le secteur minier.

La diversification économique exige dans tous les secteurs de production une suffisante disponibilité de l’énergie électrique qui permet l'industrialisation. C’est en exportant des produits manufacturés que l’économie congolaise pourra connaître une résilience.

  • Les ressources naturelles

En ce qui concerne les ressources naturelles, l’enjeu premier pour maximiser leur potentiel est de connaître avec plus de précision les ressources que contiennent le sol et le sous-sol de la RD Congo. Selon une étude de la Banque Mondiale, les ressources minières « connues » demeurent des hypothèses et la RD Congo doit acquérir une plus grande maîtrise de son potentiel. C'est ainsi que les contrats miniers conclus ont résulté des accords signés aux conditions qui ne reflètent pas nécessairement la valeur marchande réelle du patrimoine minier. La minorisation de la valeur marchande des gisements s’explique également par le fait qu’en RD Congo, peu d'activités de recherche ont été menées à l’échelle nationale depuis l’indépendance. Le résultat en est que 90% du pays est inexploré et les 10% restants ont été explorés à l’aide de techniques et méthodes scientifiques rudimentaires, vieilles de 50 ans.

Invité à la Commission Economique du Sénat, lors du vote du Budget 2010, le Ministre des Hydrocarbures avait confirmé une certaine opacité en ce qui concerne les recettes pétrolières revenant à l’Etat. Chose étonnante, le même Ministre avait relevé que la production pétrolière congolaise était restée constante au niveau de 25.000 barils par jour, pendant quarante ans, malgré l’augmentation du nombre de puits, passé de 100 à 300.

Pour ce qui est des réserves pétrolières, le Ministre avait affirmé qu’elles ne sont pas connues avec certitude et qu’il y avait lieu d’engager au minimum près de 50 millions de dollars pour déterminer le niveau de réserves pétrolières du pays et espérer ainsi tirer les ressources conséquentes dans ce secteur.

  • L’agriculture

                  Le pays doit intégrer à court terme dans ses stratégies de la relance de l’agriculture, la valorisation des spéculations agricoles où il a connu des performances dans le passé (production d’hévéa, d’arachide, de robusta, de thé, de palmier à huile). C’est pour éliminer la sous-utilisation des ressources naturelles et corollairement les ressources humaines en chômage déguisé et pour répondre aux besoins du marché en actionnant ce potentiel de production et de création d’emplois et d’amélioration des revenus pour un grand nombre (situé dans le monde agricole), afin que les retombées de la croissance soient inclusives.

 

 

[1] Africa Progress Report 2013.