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  1. Socir à l’arrêt, Sonahydroc (Cohydro) construit sa propre raffinerie

La Société congolaise des hydrocarbures (Sonahydroc) ex-Cohydro veut se faire mastodonte, à l’instar de Sonangol, dans un secteur dont de larges pans échappent encore à l’Etat. Sonahydroc veut se doter d’une raffinerie.

Selon nos sources, un budget initial d’environ 7 millions de dollars, sur fonds propres, a déjà été mobilisé, et le début des travaux programmé pour 2020 courant. Toutefois, un PPP, Partenariat Public Privé, n’est pas à exclure, renseigne-t-on au ministère des Hydrocarbures. Les pétroliers producteurs (PERENCO, MIOC…) disent engager des investissements lourds afin d’atteindre le volume de production de 23 à 25 000 barils/jour qu’ils vendent à l’étranger pour un raffinage. Mais le principe de sincérité convenu entre les pétroliers producteurs et l’Etat sur la quantité et le prix du baril r-dcongolais est loin de convaincre la RDC. L’ex-Gouv de la BCC, Jean-Claude Masangu s’en était ouvertement offusqué et a exigé un audit.

 D’après  la commission économico-financière et de contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le volume de la production de l’or noir en RDC n’est réellement connue ni de la Banque Centrale du Congo (BCC), ni des Régies Financières (DGI et DGRAD).La Sonahydroc qui représente l’Etat, n’effectue, en fait, aucune opération de commercialisation du brut congolais. 

Les producteurs on shore ne communiquent à la Sonahydroc que les chiffres inhérents à la quantité du brut au titre des royalties revenant à l’État. Dans l’offshore, le rôle de l’ex- Congolaise des hydrocarbures ne se limite qu’à une contre-expertise des données fournies par les sociétés productrices.  En fait, une simple formalité car l’ex-COHYDRO n’en a pas les moyens.  

Certes, le Code des hydrocarbures, en vigueur depuis août 2015, reconnait à la société publique, en l’occurrence, la Sonahydroc, le droit d’opérer sur toute la chaîne de l’exploration et de la production pétrolière, mais des observateurs redoutent un télescopage, dans le domaine de raffinerie, entre l’ex-Cohydro et la Société congolaise des industries de raffinerie (Socir). La réalité sur terrain est que l’ex-entreprise mixte, zaïro-italienne de raffinerie, n’est plus que l’ombre de sa gloriole d’antan.

Le projet de la production du bitume a été abandonné car les essais préliminaires ont démontré que la silice, une substance abrasive contenue dans les sables asphaltiques de Mavuma, provoquait une corrosion intense sur les pompes des installations industrielles de la SOCIR.

Concernant l’usine de production de gaz,  elle n’a jamais démarré depuis son annonce en 2015, autant pour la réhabilitation de la raffinerie. À ce jour, la Société congolaise des industries de raffinage ne s’emploie plus qu’à la logistique pétrolière, juste comme le Service des entreprises pétrolières (SEP Congo).

Pour se distinguer de SEP, la SOCIR opère en amont. Elle assure d’abord la réception des tankers pétroliers de haute mer, stocke les cargaisons des produits pétroliers importés par les entreprises pétrolières opérant en RDC, et assure ensuite leur transbordement sur ses propres tankers à fond plat, à destination du terminal pétrolier de SEP Congo de Ango-Ango situé à quelques encablures du port de Matadi.

SEP Congo, à son tour, achemine ces produits pétroliers vers ses installations de Kinshasa. L’entreprise a été obligée de mettre à l’arrêt ses installations de raffinage en 1998 alors que trois ans plutôt elles avaient subi un check-up complet. C’est à ce niveau que les experts font remarquer le début d’une gestion trouble de l’ex-SOZIR.

D’abord,  à l’époque où Sylvestre Ilunga, actuel Premier ministre, était secrétaire exécutif du Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille (COPIREP),  l’ex-Société zaïro, puis congolo-italienne de raffinage devenue par la suite Société congolaise des industries de raffinage a été débaptisée X-Oil.

Selon le COPIREP, cette dénomination est la conséquence des décisions de l’assemblée générale de l’entreprise tenue en 1998. Une assemblée sujette à caution, selon des experts congolais.  Des questions restent encore entières, note le professeur Bafala, expert en questions pétrolières, alors qu’en 1996, la raffinerie venait d’être réhabilitée, sur fonds propres de la SOCIR, pour un montant de 26 millions de dollars, s’interroge-t-il.

Sur quelle base et quels critères X-Oil s’est affichée avec le montant de 2.5 millions de dollars pour reprendre les parts (50 %) des Italiens d’ANIC Spa, filiale d’ENI, co-partenaire de l’État congolais dans SOCIR ? Pourtant, il y a des prétendants sérieux pour relancer la joint-venture aux côtés de l’État congolais. Parmi lesquels les majors Mobil et Shell qui comptait par ailleurs raffiner le brut de Muanda avec ses propres condensats.

Et à l’époque, la valeur assurée de la raffinerie était de 91 millions de dollars. Et l’expert de s’interroger sur l’apport de X-Oil à ce jour dans la raffinerie comme actionnaire B ? Dans son ouvrage, « L’industrie pétrolière en RDC : des réseaux d’intérêts croisés pour le profit d’aujourd’hui ou de demain », José Bafala évoque également ce contrat d’assistance technique qui a contraint la SOCIR à transférer 350 000 dollars par trimestre à X-Oil qui est actionnaire B pendant que la raffinerie était en arrêt alors que, précédemment, pour le  même type de contrat convenu avec AGIP, au moment où la raffinerie tournait, la SOCIR ne dépensait que 100 000 dollars. Que de questions, que de zones d’ombre, que de flous juridiques…que des centaines des milliers de dollars qui échappent au Trésor…avec la complicité des décideurs.

POLD LEVI MAWEJA