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  1. Mabi Mulumba plaide pour la promotion de la classe moyenne congolaise

Il s’est concentré à l’enseignement depuis sa décision de retirer sa candidature à l’élection sénatoriale entachée de corruption. Directeur de plusieurs thèses actuellement, à Kinshasa comme à Bruxelles,  le Professeur Evariste Mabi Mulumba continue pourtant de disponibiliser ses écrits et ses conseils sur l’économie nationale à travers des conférences et autres publications. Rdc26.com est tombé sur l’une de ses réflexions sur les pistes de solutions pour le développement de la RDC. Analyse qu’on peut retrouver dans la revue « Congo-Afrique » éditée par le Centre d’Etude d’Action Sociale  CEPAS dans son numéro 538. Aujourd’hui nous vous proposons le troisième et quatrième point ainsi que la conclusion.  Les deux précédents points peuvent être retrouvés dans nos précédentes publications.   

 

3. La promotion d’une classe moyenne congolaise

La Banque Mondiale révèle que le secret de la réussite des pays du Sud-Est asiatique connu sous le nom de miracle asiatique est dû à, entre autres facteurs :

  • Un haut taux d’épargne et d’investissement ;
  • Un taux de scolarité élevé et un niveau d'éducation de la force de travail en amélioration constante ;
  • Un environnement macroéconomique relativement stable et une part importante du commerce international ;
  • Une classe moyenne dynamique.

Si la RD Congo a connu un grand succès dans la stabilisation du cadre macroéconomique et que des efforts sont enregistrés dans le processus d’accroissement de l’épargne avec des taux de croissance économique positifs, une politique volontariste de promotion d’une classe moyenne ne s’est pas encore manifestée. Pour preuves :

  • Il n’y a aucune présence d’un capital national dans le secteur bancaire et financier. Toutes les banques installées dans notre pays sont à capital étranger.
  • Il n’y a aucune grande entreprise minière, industrielle ou agroindustrielle aux mains des Congolais.

Cette lacune peut être comblée, avec l’aide du gouvernement. Il peut être envisagé :

  • La création de deux ou trois banques par les hommes d’affaires congolais avec une majorité au capital ;
  • L’insertion des Congolais au capital des entreprises de droit commercial issues de la transformation des entreprises publiques;
  • La mise sur pied d’un Fonds de Garantie au profit des PME congolaises ;
  • Le renforcement de la SOFIDE, pour en faire une banque de financement de l’agriculture ;
  • La création d'une banque de financement de l’habitat ;
  • Réussir la restructuration des entreprises du portefeuille de l’Etat ;
  • Exploiter d’autres formes alternatives de financement et gestion des infrastructures avec le partenariat public-privé ;
  • Création de façon permanente d’un environnement propice à la conduite des affaires reposant sur la sécurité juridique et judiciaire.

 4. Sur le Plan institutionnel

Sur le plan institutionnel, depuis le démarrage du processus démocratique, la RD Congo a mis en place toutes les institutions à même d’assurer la bonne gouvernance du pays. A côté de l’institution Président de la République, il y a le Parlement, le Pouvoir exécutif ainsi que le Pouvoir judiciaire.

La problématique à laquelle il faut trouver solution est celle de l’efficience de ces institutions. Le constat fait en pratique se situe au niveau du non-respect du principe de redevabilité. La reddition des comptes est bâclée ; les rapports des organes de contrôle sont souvent non exploités ; les sanctions ne sont pas souvent prises : d’où une situation récurrente d’impunité et de corruption devenue systémique.

 En conclusion

          La réussite d’un développement durable devra reposer sur une stabilité politique et une paix sociale. C’est ce qui doit constituer le socle de toute croissance économique durable. L’accent devra être mis sur l’amélioration de la gouvernance ainsi que sur le renforcement de la capacité de négociation des contrats de partenariat et de la lutte contre la corruption et l’impunité.

          Par ailleurs, il est nécessaire de diversifier l’économie basée sur l’industrialisation et le développement du secteur agricole renforcée par la priorité portée sur les infrastructures de transport et énergétiques, sans oublier l’amélioration de l’éducation nationale. La résilience de l’économie nationale ne pourra provenir que de la diversification économique. Le tableau ci-après donnant la structure des exportations de la RD Congo conforte notre quête de la diversification économique.

 

Structure des exportations en % du total des exportations

 

2013

2014

2015

2016

2017

Produits Miniers et Hydrocarbures

97,0

95,5

98,0

73,5

99,3

Produits Agricoles

2,0

4,4

1,9

4,1

0,6

Produits Industriels et Energétiques

1,0

0,1

0,0

0,1

0,0

Ajustement (I)

-

-

-

22,2

0,0

 

100

100

100

100

100

Source : Banque Centrale du Congo, Rapport Annuel 2017. Complément des données d’enquête et les exportations frauduleuses.

Cette structure repose donc sur quatre matières de base : le Cuivre, le Cobalt, l’Or et le Pétrole (ces quatre produits de base représentent à eux seuls 93,59% des exportations totales de la RD Congo en 2017) dont les cours sont volatiles et menacent en permanence non seulement la stabilité de la monnaie de la RD Congo, mais aussi la relance de l’économie dans son ensemble. Pour conclure cet exposé,  Georges WOLF et Fabrice LUSINDE interpellent notre pays en ces termes :

« La RD Congo s'est reposée, (dans la détermination de ses priorités) sur les analyses et les études réalisées par les bailleurs de fonds mais n'a pas forcément fait valoir son propre point de vue. La RD Congo doit avoir une vision de son propre développement qu'elle doit exprimer à travers un plan stratégique et un processus de définition de ses priorités en fonctions des besoins identifiés par les différents acteurs de la société congolaise ».