Drame de Tara en Ituri : qu'est ce qui explique l'indifférence du gouvernement ?

Le gouvernement de la République ne se montre-t-il pas indifférent face à la catastrophe qui a endeuillée la province de l’Ituri où  plus de deux cents personnes ont été tuées dans le glissement de terre à Tara, au bord du lac Albert (Ituri)? La question demeure au regard des témoignages accablants recueillis sur le lieu du drame.

Et visiblement même le vice-gouverneur de l'Ituri n'a pas pu se retenir pour exprimer, en des termes peu voilés, l'impuissance ou encore l'indifférence de l'exécutif central.

"Ce que nous craignons ce sont les maladies. Nous allons désinfecter ces milieux, puisque, quand nous sommes arrivés, il y avait déjà des odeurs qui sortaient. Et ça c’est un très mauvais signe», a-il indiqué en arrivant au lieu du drame.

Dans ce témoignage du vice-gouverneur, on décèle l’impuissance de l’autorité à faire face au drame. A suivre de près, la gestion de la catastrophe de Tara a été calamiteuse avec un déficit de communication, des opérations de secours rudimentaires.

Et depuis le drame, le gouvernement central n’a pipé mot. Le Premier ministre Tshibala n’a même pas fait un message de compassion en faveur des familles des victimes. De même, l’Exécutif national n’a envoyé aucune aide ni pour secourir à temps les victimes, encore moins pour assister les quelques rescapés.

Au courant du drame de Tara depuis le mercredi, le Premier ministre, Bruno Tshibala, a pu prendre son avion pour assister, le samedi 19 août, au sommet de la SADC à Pretoria en Afrique du Sud.

De même, les 200 morts de l’Ituri n’ont pas empêché le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, de conduire à Kigali la délégation officielle de la RDC à l’investiture, le vendredi 18 août, du président rwandais, Paul Kagame.

Une attitude qui soulève une question majeure : " Où est le nationalisme?" C'est une indifférence qui passerait pour un crime sous d’autres cieux. Dans les nations modernes, un Premier ministre ne peut pas se rendre en mission à l’étranger alors qu’il a des morts et des personnes à secourir dans son propre pays.

Entre assister les victimes de l’Ituri et aller assister à une conférence à l’étranger, le choix devrait être clair pour le chef du gouvernement congolais...